Centre de Mère Teresa

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Presentation du centre

 

 Le centre des soeurs missionnaires de Mere Teresa de Shkoder (Albanie) accueille 70 enfants handicapes, mentaux ou physiques. Huit soeurs et vingt assisantes s'occupent des enfants depuis 1991, date de l'ouverture du centre par Mere Teresa alors qu'elle rentrait de Calcutta. Ces enfants, rejetes par leur famille a cause de leur handicap se trouvaient dans des centres nationaux dans des conditions inhumaines.

 

 

La Mere superieure

 

 Elle sait depuis toute petite qu'elle voulait devenir soeur. Lorsqu'elle etait etudiante au Bangladesh, son pays natal, elle allait regulierement dans un groupe de priere le soir apres ses cours. Le pretre qui les encadrait lui a un jour donne un livre sur Mere Teresa qui l'a bouleversee. Ce qu'elle admire chez elle, c'est son engagement total pour les personnes qui en ont besoin: elle s'est coupee entierement de sa famille pour s'adonner a sa vocation. elle a alors voulu vivre la meme vie que mere Teresa, vie de denuement et d'engagement entier pour les autres. Selon elle, cet appel lui vient directement du coeur, ou de Dieu plus precisement. Mere Teresa a dit un jour: "Il faut aider les pauvres et les malades, de facon gratuite, sans rien attendre en retour". C'est ce qui l'a marque, et c'est ce qu'elle reproduit dans le centre de Shkoder.

 

Quel est votre objectif dans ce centre?

 

 Donner tout l'amour possible aux personnes qui en ont besoin. Les enfants malades du centre ont surtout besoin d'amour, de presence et de consideration. Rien que le fait de leur sourire, de les prendre dans les bras, cela les touche interieurement. L'amour est la base de tout. Parfois, certains volontaires viennent aider au centre, alors qu'ils sont brouilles avec leurs proches. Pour moi c'est impensable. La priorite est l'amour et la paix au sein meme de chaque famille. Si tout va bien, alors la personne peut apporter son aide aux autres. Les enfants que nous avons dans ce centre ont tous ete rejetes de leurs famille a cause de leur handicap. Ainsi l'engagement et le volontariat ne doit se faire que pendant le temps libre, ayant passe le temps suffisant en famille. Certains habitants de Shkoder ne viennent parfois que pour nourrir un seul enfant, car ils n'ont pas le temps, mais ceci est deja un bel acte d'amour et de solidarite. Il ne faut pas negliger l'action par rapport a l'argent. Nous avons besoin d'argent, certes, mais les enfants ont surtout besoin de presence.

 

Parfois, certains volontaires ont peur de faire du volontariat dans des centres pour handicapes a cause du choc emotionnel...

 

Oui, c'est certain que rester au pres des enfants handicapes n'est pas facile. La majorite des volontaires qui viennent aider ici pleurent les premiers jours car le choc est dur pour eux. Mais pour moi aussi, meme etant soeur, cela a ete dur la premiere fois malgre ma foi et l'amour que j'avais envie de donner. Il est choquant de voir ces pauvres enfants victimes malgre eux de la maladie et de l'exclusion familiale, et le contact avec eux est vraiment difficile. Mais a la fin de leur passage au centre, ces memes personnes pleurent a nouveau, car elles sont tristes de quitter les enfants. Ici, tout est fait pour que chacun trouve son rythme, et le soeurs sont la pour les aider a s'habituer.

 

Comment voyez vous le volontariat humanitaire de nos jours de votre point de vue?

 

 Il se porte bien, nous avons de plus en plus de monde qui vienne, en particulier l'ete. Mais je ressens qu'il y a de plus en plus cette volonte de prouver et de montrer ce que l'on a fait, et c'est un peu dommage. Les volontaires demandent de plus en plus a etre pris en photos devant ce qu'ils apportent au centre et devant les enfants.

 

Vous dites que la premiere de vos motivations au centre est l'amour de Dieu et que c'est Dieu qui appelle ceux qui le peuvent a s'engager. Il n'est pas possible de faire ce que vous faites sans la foi?

 

 Il est clair que la foi est ce qui motive dans notre maison, nous prions et nous agissons. Mais nous ne negligeons jamais la priere, c'est tout aussi important que l'action pour notre prochain, c'est de la nourriture spirituelle. Sans la priere, je ne pourrais pas faire ce que je fais actuellement. Bien sur, une personne non croyante est animee par le Seigneur lorsqu'elle fait de bonnes choses. Et si un non croyant vient s'engager quelques temps dans notre centre, il decouvrira l'existence de Dieu par lui meme et au travers de ce qu'il vivra dans ce centre avec les enfants!

 

 

 

Second temoignage

 

 

Sa vocation de servir est nee progressivement au cours de son enfance au Bangladesh. Cette vocation a toujours ete en parrallele a la foi qui l'habite. C'est dans sa famille que l'action d'aider autrui existait au quotidien, Tres engages dans la religion, ils recevaient les gens du village en difficulte afin de les aider. Servir a donc toujours ete au coeur de son education, de qui elle est.

 

Aider c'est rechercher l'amour de Dieu en donnant son amour autour de soi. Au quotidien ce n'est pas toujours facile. Il y a bien sur des moment durs. C'est la ou faire partie d'une communaute facilite l'engagement. Il faut aussi svoir accepter ce qui nous arrive. Voir ce qu'il y a de satisfaisant dans sa journee. Savoir s'estimer heureux est vital pour pouvoir continuer. Et puis Mere Teresa disait: "Hier est fini, demain est un autre jour, il faut vivre aujourd'hui pour ce que ce jour nous apporte". Il ne faut donc pas demander autre chose et accepter.

 

A Shkoder le volontariat est omnipresent. Des gens viennent aider au quotidien. Des etrangers en ete. Des locaux toute l'annee. Jeunes commes adultes. De maniere prevue ou spontamment. Ils viennent aider mais recherchent aussi quelque chose en general. Ce qui est normal car le service offre toujours quelque chose en retour. Pour eux c'est un esprit de famille, un echappatoire a des problemes personnels. Servir est toujours a double sens.

 

Pour elle aider apporte un bonheur quotidien. Une satisfaction. C'est sa raison d'etre. Elle ne se pose pas de question et vit chaque jour en aidant les autres. Le service est intercale entre les moments de priere, essentiels pour se ressourcer et trouver la force de continuer. Car il n'y a pas de repit. L'engagement est total, de tous les instants.